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Fondation Jacques Bugnicourt
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Thierno Seck, Coordonnateur du Projet « Initiatives Pilotes de Micro-Irrigation et de Gestion Durable des Terres dans le département de Bakel (IGDT BAKEL).


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Nouvelle édition 2013, pour toutes commandes s'adresser à l'équipe Diffusion, 54 Rue Carnot

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Enda à RIO+20

vgnette

Enda milite à RIO+20 pour la reconnaissance de nouveaux modèles de développement durable dont l’objectif premier doit être l’éradication définitive de la pauvreté.


Quelques vidéos d'enda sur le sommet de Rio+20 ICI

Publication

CAPITALISATIONendaEcopole

Apprendre avec les communautés

Recherche-Action sur la problématique de lutte contre la pauvreté Capitalisation d’un Itinéraire


Enda Rapport Annuel

Enda Rapport Annuel 2010


 

Apprendre avec les communautés

Recherche-Action sur la problématique de lutte contre la pauvreté

Capitalisation d’un Itinéraire

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Capitalisation d’un itinéraire

Apprendre avec les communautés

Recherche-Action sur la problématique de lutte contre la pauvreté


La capitalisation se rapproche d’une biographie collective, car elle se fait sur la base d’entretiens et de réunions avec les membres de l’équipe, les bénéficiaires et des personnes associées. Elle a pour objectifs d’identifier les processus de changements produits par les activités de l’organisation, de mettre en valeur les compétences afin d’aider à construire le futur de l’organisation.

Elle part donc de la problématique, et celle-ci n’est pas propre au Sénégal, mais elle caractérise l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest depuis les années 70, suite à la sécheresse, à l’échec des politiques de développement et aux programmes d’ajustement structurel. Elle fait une lecture de cette problématique par rapport aux modes d’actions développés par Ecopole.

Elle montre les réponses apportées par les populations et la création de l’Ecopole Ouest Africaine. Puis elle décrit les activités en cours depuis 2003 et en tire les enseignements en termes de modes d’action, de changements et de compétences. Enfin, elle présente les orientations pour les prochaines années.


CAPITALISATIONendaEcopole

Préface

L’histoire d’Ecopole marque l’histoire d’ENDA Tm. D’abord orientée vers la problématique environnementale, l’ONG a rapidement pris en considération les contradictions sociales entrainées par un modèle de développement économique inadéquat. La réflexion critique menée a relevé ces contradictions, tentant par le plaidoyer d’amener les gouvernements à réorienter leurs politiques. Mais il a fallu attendre les années 90 et un lobbying important associant les agences internationales et quelques gouvernements des pays du nord pour promouvoir des politiques de réduction de la pauvreté. Pour ENDA, le virage avait été fait symboliquement en 1992 à Rio, mais déjà avant, la plupart des programmes s’attaquaient aux mécanismes de la génération de pauvreté. Et c’est vers cette époque que le secrétariat exécutif a lancé une expérimentation sociale de grande envergure avec la création de l’ECOPOLE Ouest Africain. C’est avec cette initiative que débute l’itinéraire d’ECOPOLE, une équipe d’ENDA Tm.

Cet ouvrage présente le contexte de la pauvreté au Sénégal et donne un certain récit de l’histoire d’ECOPOLE, centré sur trois axes stratégiques : (1) contrer la vulnérabilité sociale et renforcer la participation citoyenne, (2) appuyer la gouvernance locale et le développement durable en favorisant l’articulation urbain/rural, (3) promouvoir des initiatives en éducation et formation et favoriser la scolarisation.

Ces trois axes restent toujours d’actualité, et ils ont été déclinés en projets associés à un développement du partenariat. Ces choix stratégiques sont le résultat d’un diagnostic, dont on retrouvera les éléments dans le récit de la capitalisation de cet itinéraire, un diagnostic associant les communautés à l’équipe d’Ecopole, un diagnostic qui nourrit la démarche de recherche-action.

Cet ouvrage témoigne d’une recherche-action collective, dans le cadre duquel les actions sont des expérimentations qui doivent prouver leur caractère innovant afin de proposer des alternatives significatives pour un changement d’échelle dans la lutte contre la pauvreté. L’enjeu est important.

L’apprentissage principal proposé par cet itinéraire est celui de l’accompagnement des dynamiques sociales. De nombreux témoignages sont donnés.

 
Par exemple, le bidonville, l’handicapé, les détritus répandus partout, les jeunes délinquants, etc… qui sont l’autre face de la monnaie que l’on voudrait cacher, comme si une pièce de monnaie n’avait qu’une face. Avec les témoignages des bidonvilles, cet ouvrage nous montre l’importance du bidonville dans l’itinéraire des exodés, dans leurs apprentissages urbains, dans la reconstruction de liens sociaux. Un bidonville ce n’est qu’un village transporté au milieu d’une ville, une partie de villages, car dès que les fêtes arrivent, le village urbain se vide. Le bidonville c’est aussi une stratégie du monde rural pour survivre et s’intégrer, c’est la périphérie qui s’installe au centre, d’où la tentative de rejet pour aménager une ville duale à l’image de la société.

 
Cet itinéraire s’insère dans le contexte d’explosion des mouvements sociaux. les jeunes sont les principaux laissés-pour compte de ce développement, nés sans avenir, donc poussés à construire leur avenir. Bien que ceux qui sont issus du milieu rural en restent nostalgiques, ils n’en restent pas moins confrontés à la précarité. La précarité met chacun en situation de réflexion critique qui alimente le protagonisme social.

 
Les jeunes seront à la pointe de la rébellion sociale, de la demande de changements politiques, de la créativité artistique et de revendications légitimes sur les besoins de base. Pourtant on les trouve partout, ceux qui n’ont pas un niveau éducatif s’insèrent dans les filières de l’économie informelle ou non formelle et ceux qui ont acquis certaines qualifications trouvent à s’insérer dans les multiples emplois créés par le développement urbain. Ainsi se met en place une société duale (à deux vitesses) d’inégalités sociales croissantes où chacun ne survit que par sa contribution à la croissance des inégalités, avec l’illusion qu’il pourra avoir accès à des miettes du festin. Et face à cette idéologie, le mental se dissocie, partagé entre les croyances anciennes, les espoirs religieux, le maintien des liens sociaux et les croyances nouvelles ; c’est cela la schizophrénie moderne.

 
Une hypothèse reste encore à approfondir. Très tôt ENDA a valorisé la petite production urbaine et l’ingéniosité populaire. La création d’ECOPOLE s’était faite dans le contexte d’un quartier populaire d’artisans et de domestiques. Or les politiques publiques et celles des investisseurs privés se sont surtout tournées vers une modernisation à fort potentiel capitalistique, sans chercher à développer des technologies intermédiaires permettant de développer les compétences locales et de promouvoir un tissu de petites entreprises. On retrouve le même processus en milieu rural où on privilégie le secteur agro-industriel au détriment d’une modernisation réfléchie de l’agriculture paysanne. Or pour contrer la vulnérabilité, il faut créer des emplois, donc développer les activités productives, en rapport avec les besoins des populations, en renforçant leurs capacités et en développant, à partir de là, leurs compétences. Pourquoi ne pas favoriser les moyens d’amélioration de la productivité des petits producteurs.

Un autre point important de ce livre est de nous introduire à une réflexion sur le concept de « Société apprenante ». Nous connaissons le modèle dominant de l’apprentissage, centré sur le programme et l’appreneur, il néglige l’entre-apprendre. Une société apprenante, c’est par exemple une communauté urbaine ou rurale organisée qui se constitue en communauté d’apprentissage pour définir et mettre en œuvre sa propre stratégie d’apprentissage collectif pour satisfaire et élargir les besoins d’apprentissage de base de tous ses membres – enfants, jeunes et adultes-, afin d’assurer le développement personnel, familial et communautaire. C’est en considérant l’espace pédagogique, comme un cadre ouvert aux innovations et aux changements que l’équipe ECOPOLE expérimente ce concept.

 
Si au départ l’Ecopole a pu être considéré comme un pôle de convergence d’actions menées par son unité principale et les équipes associées, en relation avec leurs partenaires, il s’est orienté vers une conception polycentrique où la fonction principale devient de plus en plus l’animation d’un réseau d’acteurs ayant leurs espaces de travail, y développant des expérimentations et leurs compétences. Ces acteurs sont à la fois offreurs de services, d’informations et demandeurs. L’enjeu est la création d’une expertise locale au sein même des communautés.

 
A partir d’une lecture des activités menées par Ecopole depuis sa création, nous pouvons identifier une ligne de force principale qui est celui du développement des compétences de l’équipe par l’auto-apprentissage collectif. Bien que l’équipe puisse faire valoir les qualifications de ses membres, qui sont principalement des travailleurs sociaux, l’essentiel des compétences s’est acquis sur le terrain en fonction des trois axes stratégiques.

 
L’ouvrage donne des méthodes et des outils qui témoignent des compétences acquises. Ainsi dans les actions menées pour chaque axe, l’équipe Ecopole a acquis une compétence en ingénierie du développement :

  • De l’axe « Contrer la vulnérabilité sociale et renforcer la participation citoyenne», la compétence d’ingénierie sociale
  • De l’axe « Appui à l’éducation, à l’alphabétisation et à la formation », la compétence d’ingénierie de l’éducation et de la formation
  • De l’axe « Appui au développement local durable et à la décentralisation », la compétence en ingénierie du développement local


On trouvera dans l’ouvrage un tableau qui donne les domaines de compétences en fonction des axes stratégiques, les compétences acquises et les activités développées qui en témoignent.

 
La valorisation et l’animation de synergies est au cœur de l’ingénierie du développement. Elle ne peut donc se faire que par le partenariat qui suppose la reconnaissance de la contribution de chacun à la réflexion critique, à l’innovation, à l’expérimentation et au protagonisme social. La convergence stratégique est un processus qui crée les liens et les interactions en bénéficiant de l’apport de la diversité.

 
L’équipe a acquis son autonomie et s’insère donc dans cet ensemble d’acteurs qui œuvrent pour lutter contre la pauvreté, proposer et construire des alternatives. Cette entreprise suppose donc un développement du partenariat, qui fait de chacun de ses membres un agent de changement social et politique. C’est là l’enjeu, la responsabilité.

 
Cheikh Hamidou Kane

 Président d’Honneur de enda tiers monde

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