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Rapport annuel 2013

RAPPORT ENDA TM 2013
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Fondation Jacques Bugnicourt
SIGIE Database

Thierno Seck, Coordonnateur du Projet « Initiatives Pilotes de Micro-Irrigation et de Gestion Durable des Terres dans le département de Bakel (IGDT BAKEL).

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la ou pas docteur

Nouvelle édition 2013, pour toutes commandes s'adresser à l'équipe Diffusion, 54 Rue Carnot

BP : 3370 Dakar-SENEGAL

Tél 221 33 889 34 09

dif-enda@endatiersmonde.org

Enda à RIO+20

vgnette

Enda milite à RIO+20 pour la reconnaissance de nouveaux modèles de développement durable dont l’objectif premier doit être l’éradication définitive de la pauvreté.


Quelques vidéos d'enda sur le sommet de Rio+20 ICI

Publication

CAPITALISATIONendaEcopole

Apprendre avec les communautés

Recherche-Action sur la problématique de lutte contre la pauvreté Capitalisation d’un Itinéraire


Enda Rapport Annuel

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Genre & Autonomisation


Violences faites aux femmes

Equité & Egalité

Capacitation


ENDA a développé des initiatives intégrant les femmes comme acteurs dès les années 80 et intégré la perspective de genre dans sa mission au début des années 2000. Les femmes jouent un rôle crucial dans la production agricole des pays africains où 70 % des pauvres vivent en milieu rural. La part considérable de la population agricole notamment vivrière imputable aux femmes en fait les principaux agents de la sécurité alimentaire et du bien-être des ménages en milieu rural. Elles sont surchargées de travail mais contrôlent une part minime des ressources (terre,  revenus). Or, les questions de genre sont pris en compte dans moins de 10% de l'aide publique au développement destinée à l'agriculture, tandis que les programmes agricoles eux-mêmes n'absorbent 4% de l'APD (Manuel sur le genre dans l'agriculture, 2008, Banque Mondiale, FAO, FIDA).

 

Au Sénégal, ENDA Pronat a capitalisé 20 ans d'expériences qui ont abouti à la création du Réseau National des femmes Rurales engagées dans l'agroécologie. Elles sont membres de fédérations paysannes mixtes et progressent dans les instances de décision. Des femmes issues des processus communautaires ont été élues comme conseillères rurales dans la région des Niayes, et mènent des actions pour obtenir des infrastructures et accéder au foncier, dont les femmes sont systématiquement écartées, malgré les lois votées. La lutte contre l'excision s'est développée en utilisant les moyens modernes notamment pour sensibiliser les jeunes femmes qui ont pu ainsi discuter librement et parler entre elles et avec des associations de sujets encore tabous.

 

Dans les périphéries urbaines des grandes villes du Sud, les autorités locales dotées de nouvelles compétences par les processus de décentralisation doivent faire face à des demandes de services et infrastructures issues des migrations accélérées par les crises alimentaires, économiques ou les guerres. 70 % des ménages pauvres à Dakar au Sénégal,  seraient dirigés par une femme seule, 50 % en Colombie. La féminisation de la pauvreté répond à deux causes cumulées: les freins à l'autonomie des femmes (y compris les violences) et l'impact des crises sur les revenus et les rôles des hommes. Face à ces difficultés, les femmes ne restent pas passives. Leur participation est croissante mais pas toujours reconnue et soutenue. Là où elle l'est, elle constitue un vecteur visible et sensible de changement social et politique. 

 

Les femmes des quartiers populaires de Bogota, Colombie ont créé de nombreux services urbains, des jardins d'enfants permettant aux femmes de travailler, des programmes de distribution alimentaire, des coopératives d'achats, des programmes de recyclage. Grâce à ces mouvements, la municipalité a créé un programme de Maisons de l'égalité et un programme de lutte contre les violences envers les femmes dans l'espace public, avec le soutien des Nations Unies et du réseau latinoaméricain Femmes et Habitat de la Coalition Internationale pour l'Habitat, dont ENDA Colombie est une des organisations fondatrices. En Bolivie, les niveaux d'analphabétisme et d'abandon des enfants dans la rue sont à des niveaux très élevés et la situation des filles est restée longtemps en retrait des préoccupations des institutions, car moins visible dans les programmes de prévention de la drogue, l'enfance de la rue, la lutte contre la pauvreté et les violences intrafamiliales. Des diagnostics plus poussés à partir des années 2000 ont conduit à centrer les actions sur cette population.

 

A Santo Domingo les conditions d'insalubrité dans les quartiers urbains périphériques ou centraux de la capitale ont mobilisé les femmes sur les questions de santé, nutrition et éducation. En zone rurale également les opportunités d'emploi se sont créées autour de la transformation du bois de façon égale entre jeunes garçons et filles ainsi qu'autour de la gestion des ressources naturelles dans les projets agroforestiers. La violence intrafamiliale a été également identifiée comme un frein au développement et à l'épanouissement.

 

A Madagascar, la prévalence des violences conjugales a été estimée à 65 % des femmes vivant dans la capitale. La question des violences, dans l'espace privé et dans l'espace public commence à émerger comme un des freins du développement. Car ces femmes ne sont pas seulement maltraitées, violentées voire tuées, mais elles sont empêchées de sortir, de développer des activités économiques, de faire des projets, de participer à la vie citoyenne et même souvent de réaliser librement les tâches ménagères et l'accompagnement éducatif de leurs enfants.

 

En Ethiopie, ENDA a développé une approche sur le binôme femmes & environnement depuis plusieurs années. Le constat au niveau national est que les fonctionnaires locaux des cellules chargées de suivre les questions liées au genre au sein des ministères et administrations ("Women affairs") ont une formation faible sur le genre et environnement, les mécanismes et budgets publics sont insuffisants. Or, les femmes sont surchargées en raison de la désertification, la déforestation, l'érosion des sols, le manque d'énergie domestique et d'eau, les crises alimentaires, les problèmes de déchets. Les organisations populaires de femmes et environnementales sont petites et insuffisamment écoutées. Dans les campagnes, les foyers améliorés utilisés et diffusés par les femmes, ont fait leurs preuves pour réduire la consommation d'énergie fossile, mais les programmes de diffusion et de génération de revenus autour de la construction massive de ces solutions ont encore insuffisamment de moyens. Le Vih/sida progresse davantage chez les femmes que chez les hommes, car le manque d'information et de pouvoir de décision de celles-ci dans les relations intimes sont des facteurs plus importants de vulnérabilité. Cependant elles répondent de façon positive aux initiatives visant à générer des revenus et améliorer leur santé grâce à des projets innovants d'agriculture urbaine. 

 

Le réseau des ENDA et ses partenaires ont une longue expérience de renforcement des acteurs de la société civile et des autorités locales dans les six pays (Sénégal, Ethiopie, Madagascar, République Dominicaine, Bolivie et Colombie), et ont fait des recherches sur le genre et la participation des femmes dans de nombreux projets. Cependant rares sont les formations croisant genre, environnement, développement durable qui se soient pérennisées, aient fait l’objet de capitalisations, voire de certifications/diplômes. Les exemples de création d'institutions locales, pour la promotion du genre ou le  "mainstreaming" sur les questions environnementales et citoyennes sont insuffisamment soutenus, bien que toutes les grandes organisations des Nations Unies recommandent d'intégrer la question du genre dans tous les projets de développement. 

 

Le croisement « genre/environnement et lutte contre les violences envers les femmes » permet d'aborder les questions économiques et environnementales dans une optique de changement social, de démocratie participative et de consolidation de la paix. Des formations mieux structurées et régulières permettraient de visibiliser les apports des femmes au développement, de prendre en compte le contexte de migrations, des violences et du changement climatique, d'alerter sur la féminisation de la pauvreté, de prévenir les crises alimentaires en mettant l'accent sur les personnes.