Activités d’information, de formation et d’animation

Les activités d’information, de formation et d’animation de l’écopole prennent des formes diverses. Elles concernent en priorité les enfants et les jeunes des quartiers populaires.

Elles sont dans leur majorité appuyées par l’Unesco dans le cadre du programme initulé « formation pratique des jeunes défavorisés aux petits métiers, à la solidarité et à la citoyenneté », mis en oeuvre depuis avril 1997.

1. Appui aux initiatives populaires de formation et aux écoles élémentaires

2. Appui aux acteurs de l’économie populaire, aux femmes et aux jeunes 


1. Appui aux initiatives populaires de formation et aux écoles élémentaires

- Formations de coin de rue (FCR)

Les formations de coin de rue (FCR) font partie d’un ensemble complexe divisé en deux grandes parties :
1. le système officiel d’un côté regroupant les écoles publiques et privées reconnues par l’Etat;
2. les initiatives populaires de formation (IPF) constituées de sous-groupes : écoles coraniques, activités socio-éducatives des ASC, soutien scolaire donné par des particuliers (gratuitement ou contre rémunération), formations de coin de rue, etc …

Les FCR mettent en oeuvre quatre types de formation :

initiation à la lecture et à l’écriture des pré-scolaires
Il s’agit de préparer les enfants de 4 à 6 ans à l’école publique, en les initiant à l’écriture et à la lecture.

soutien ou renforcement scolaire
Il s’agit de renforcer la formation reçue dans le cadre scolaire officiel par des cours supplémentaires. Ce type de formation permet de réduire l’échec scolaire au niveau des enfants issus des quartiers les plus défavorisés.

alphabétisation des jeunes travailleurs
Il s’agit de donner aux jeunes travailleurs et plus particulièrement aux petites bonnes, une formation en langue nationale (pulaar, sereer, wolof) et/ou en français. Cette formation se veut pratique. Elle a pour objectif d’aider les jeunes travailleurs à défendre leurs droits et de connaitre leurs devoirs.

formation des enfants non-scolarisés ou déscolarisés
Il s’agit de proposer à ces enfants non-scolarisés une formation proche de celle qu’ils pourraient avoir dans le système officiel.

Dans les FCR, les cours sont dispensés par des « appreneurs » (des professeurs au chômage, ou des jeunes qui n’ont pas pu finir le cycle secondaire), à des « apprenants », dans des lieux de fortune (garage, trottoir, sous un arbre…) avec un matériel limité et des horaires souples.

Enda siggi accompagne, depuis 1995, 4 FCR (Rail, Colobane, baraque, Tobliac). Ce partenariat s’est depuis ouvert à 35 autres FCR, dans 15 quartiers populaires de la ville de Dakar et de sa banlieue.

Les activités menées en partenariat avec les formations de coin de rue sont les suivantes :

- renforcement et suivi pédagogiques des appreneurs,
- appui rapproché aux  » formations de coin de formation »,
- activités de vacances avec la formation des apprenants aux technologies de 1ère ligne (production de jouets à partir des matériaux de récupération),
- réunions de suivi, de concertation et d’évaluation,
- constitution d’un réseau associatif regroupant les appreneurs des FCR.

- Diffusion de films pédagogiques

Depuis novembre 1993, enda a initié en partenariat avec l’entreprise Dicko, des activités de cinéma scolaire. Ces activités sont maintenant insérées dans le programme écopole.
Il s’agit de projection de films pédagogiques qui illustrent les thèmes liés aux programmes officiels de l’enseignement élémentaire. Le film sur la solidarité « Mayanté – le partage » est également projeté et fait l’objet d’une exploitation pédagogique particulière par un animateur de l’écopole. De mai 97 à mai 98, les projections dans les écoles élémentaires ont touché 42 994 élèves.
Au cours du mois d’août 97, les activités du cinéma scolaire se sont orientées vers le programme de formation à la citoyenneté (sig’jou), avec deux thèmes pour chaque séance :
- la notion de solidarité et de partage,
- l’ hygiène du milieu et de l’eau
3600 enfantsdes quartiers populaires ont assisté à ces projections.
Des films sont également régulièrement projetés à l’écopole et dans les formations de coin de rue. Ces films abordent généralement différents thèmes touchant à la santé, à l’environnement, à la citoyenneté, à l’économie populaire.

- Conception et réalisation d’outils pédagogiques

- Les journées aérées: détente et formation pour les enfants défavorisés

Une large frange de la population de Dakar (2 millions) vit dans des conditions difficiles, surtout après la dévaluation du FCFA.

On compte, environ, parmi les pauvres, 300.000 personnes dont 100.000 âgés de 9 à 14 ans avec 74 FCFA de revenus quotidiens.

Ces jeunes, généralement laissés à eux-mêmes, scolarisés ou non, n’ont d’autre occupation que de « traîner » dans les rues, sans rien faire et sans personne pour s’occuper d’eux. Ceux d’entre eux qui ont déjà commencé à travailler n’ont que peu de temps à consacrer aux loisirs ou à des activités socio-éducatives.

C’est, pour combler, en partie, ces différentes carences et apporter un complément éducatif à des enfants en situation difficile, qu’enda tiers-monde organise, depuis 1994, un programme de détente-formation à la citoyenneté en faveur des jeunes de 9 à 14 ans.

Ce programme combine détente et formation, partageant les activités quotidiennes entre des moments ludiques et d’autres, consacrés soit à des travaux, soit à la discussion, soit à la réflexion.

Ce programme a également pour but d’apprendre aux participants à être responsables face à ce qui constitue, pour eux, les réalités de la vie : les difficultés quotidiennes, I’incertitude face à l’avenir.

L’objectif global est de mettre les enfants sur la voie d’une réelle citoyenneté, qu’ils connaissent et fassent respecter leurs droits, accomplissent leurs devoirs. Qu’ils apprennent à se faire leur propre opinion, à prendre des décisions, à respecter une règle de jeu minimale et construire le « bien commun ».

L’action d’accompagnement des jeunes est permanente, avec une phase intense d’août à novembre. Les animations comprennent des activités diverses :
bricolage (souvent à partir d’objets récupérés), découverte de nouveaux jeux, apprentissage de l’utilisation de plantes médicinales, discussion sur des thèmes comme la solidarité, la responsabilité, activités sportives, de plage, etc.

Outre les changements de comportements, il faut noter le nombre de moniteurs (280) et de directeurs (40) formés. Les « journées aérées » alternent les phases d’imprégnation (5 jours) et les animations de quartier permanentes, celles-ci sont articulées aux sessions hebdomadaires d’évaluation-formation des compagnons.

Les journées aérées ont été organisées pour la première fois en 1994 avec 6.000 enfants (dont la moitié de filles), puis en 1995 avec 12.000 enfants, en 1996 avec 12.000 enfants, en 1997, avec 8.000 enfants.

En février 1998, un groupe de 60 enfants mendiants âgés de 7 à 15 ans (en majorité des fillettes) a participé à ce programme. Les résultats de cette activité ont été très positifs – une enquête auprès des mères a permis de constater que les enfants en sont revenus « épanouis, joyeux, la tête remplie de jeux et de chansons, ayant amélioré leur expression orale ainsi que leur connaissance des principes d’hygiène ». Ces enfants ont ensuite été intégrés dans les différents ateliers de formation de l’écopole.

2. Appui aux acteurs de l’économie populaire, aux femmes et aux jeunes
 

L’écopole est un lieu ouvert où les différents acteurs peuvent venir prendre contact avec enda, individuellement, ou en groupe, afin de se renseigner sur les activités en cours.
Pour eux, l’écopole a d’abord la vocation d’être un lieu d’information et de conseil : comment structurer un groupement, comment se faire reconnaître par les autorités, quelles sont les techniques les plus appropriées à leurs activités de production, quels outils, au niveau de l’écopole ou d’enda en général, peuvent être mis à leur disposition.
- Formation pré-technique des enfants et des jeunes

Des « artisans formateurs » ont par ailleurs ouverts des ateliers de production -formation à l’écopole, pour montrer leurs techniques et leurs produits aux visiteurs, mais surtout pour former des jeunes aux techniques de fabrication à partir de matériaux de récupération.

Les consignes, pour la conduite de ces ateliers, sont :

1. la débrouillardise technique,
2. la formation pour gagner un peu d’argent,
3. la réflexion civique.

Les ateliers permanents sont :

- la menuiserie et la fabrique de mallettes « cot-cot »,
- la fabrique de jouets en plaques de fer,
- la fabrique de jouets en fil de fer,
- les techniques de tricotage des sachets plastiques,
- la couture, la teinture, le tricotage, les arts culinaires,
- la poupeterie, le modelage,
- la céramique.
- Apprentissage de rythmes, de nouvelles sonorités à partir de Djembé

Des ateliers ponctuels ont également lieu, tels qu’une formation de jeunes cireurs à la confection de ballons en cuir, ou une formation de jeunes de moins de 15 ans à la photographie, des ateliers de peinture, dessin, collages papier et cartons, des cours d’alphabétisation et fabrication de filets de basketball et de football.

Ces ateliers de l’écopole ont permis de former mensuellement environ un millier d’enfants – certains d’entre eux restent plusieurs mois en formation à l’écopole. Cette activité de formation est plus importante durant l’hivernage (juin, juillet, août, septembre), période qui correspond aux vacances scolaires. D’autre part le nombre moyen d’enfants a augmenté au cours de l’année 1998 suite à l’ouverture de trois ateliers de formation (musique, alphabétisation-théâtre, dessin).

A l’avenir, ces ateliers devront davantage développer des expériences de récupération originales. Certains types de production sont en train d’être dépassés, on en retrouve les produits partout et à moindre coût. Pour cette raison, les ateliers de l’écopole se veulent des espaces ouverts en priorité aux artisans novateurs (prêts à former et échanger)

- Rendre accessible les nouvelles technologies de l’information et de la communication

L’écopole a aussi pour vocation de former aux nouvelles technologies, telles que l’informatique et la communication électronique (e-mail, web).

C’est au niveau de l’écopole que se sont établies les bases d’un programme appelé  »Cyberpop ».
L’objectif général est de renforcer les capacités opérationnelles et stratégiques des organisations populaires grâce à l’utilisation et l’appropriation des technologies de l’information et de la communication à travers un réseau coordonné par enda écopole et composé de centres de ressources communautaires gérés par les groupes d’acteurs locaux.

L’année 1998 a coïncidé avec le lancement du programme (phase initiale d’une durée de 24 mois).
Les activités principales.du programme sont :

- la mise en place d’un centre de ressources principales,
- la formation de 16 gestionnaires des sites communautaires (Rufisque, Pikine, Yarax, Colobane, Rail Médina, Al Baraka, Yeumbeul)
- l’initiation à l’utilisation de nouvelles technologies d’information et de communication aux groupes populaires.